A la fois, j'avais hâte qu'il revienne, et peur qu'il soit là.
Envie de le voir, mais pas de voir cette réalité qui me semble impossible encore aujourd'hui.
23h07. Les voilà. Avec lui.
La porte se ferme. Les hommes vont s'occuper de tout.
Mes jambes ne me portaient presque plus. Mon coeur s'accélérait. Mes mains tremblaient. Mes yeux restaient fixes. Ma bouche ne pouvait plus sortir un son. Tremblements incessants. Pleurs en continu.
J'attendais, la peur au ventre. On me dit qu'il était beau. Après de longues minutes, je me décidai enfin à aller voir. Je me plaçai d'abord devant ses pieds, pour le voir de loin.
Il parraissait dormir, serein.
Je m'approchai ensuite à sa droite. Il était beau, c'est vrai. Il semblait même sourire, comme lorsqu'il faisait semblant de dormir quand je lui parlais, petite.
Je passai alors de l'autre côté. Je ne sais pas si j'essayais de me convaincre qu'il dormait, qu'il se réveillerait, ou si je cherchais à accepter cette vérité injuste.
Encore maintenant j'ai l'impression qu'il va revenir, ce soir, demain... Mais au fond, je sais bien que non...
On veut me rassurer en disant qu'il n'a pas souffert. Moi je souffre pour deux.
On me dit qu'il était fier de sa fille.
Il ne verra pas la suite de mon parcours, le chemin de ma vie.
On me dit que sans être là physiquement, il est là quand même. Oui je sais, il est là dans notre tête, dans notre coeur.
Mais franchement, ce n'est pas pareil... Rien ne sera plus pareil d'ailleurs. Maintenant, tout sera différent.
TOUT.
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